Formule de Croissance & Continuité : Défendre / Adapter / Transformer

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La Cognition Humaine et le PouvoiRH

PoweHR désigne la capacité de l’organisation à maintenir, développer et mobiliser les Ressources des Humains dans un environnement de plus en plus façonné par l’intelligence artificielle. Les lettres « RH » dans PoweHR font référence, entre autre, à la Richesse, la Résilience et la Responsabilité Humaine.

PoweHR : préserver la puissance cognitive humaine à l’ère de l’IA

Les organisations intègrent rapidement l’intelligence artificielle dans leurs décisions, leurs opérations et leur stratégie. Le récit dominant présente cette évolution comme une promesse d’efficacité, d’échelle et d’avantage concurrentiel. Pourtant, sous cette dynamique visible se joue une transformation plus profonde et plus décisive : celle de la manière dont les organisations pensent.

L’enjeu n’est pas technologique. Il est cognitif. À mesure que la puissance analytique augmente, la puissance cognitive humaine risque d’être déplacée plutôt qu’augmentée. C’est précisément ce que désigne PoweHR. PoweHR renvoie à la capacité d’une organisation à préserver, développer et mobiliser la cognition humaine dans un environnement de plus en plus structuré par l’intelligence artificielle.

La question n’est plus de savoir si les organisations utiliseront l’IA. La vraie question est de savoir si elles resteront cognitivement capables en le faisant.

Qu’est-ce que la cognition, en termes simples ?

Imaginez la cognition comme le système d’exploitation de votre cerveau : elle travaille sans cesse pour nous aider à comprendre, apprendre, nous souvenir et réagir à tout ce qui nous entoure, des tâches simples comme la lecture aux défis complexes comme la planification du futur.

La cognition n’est pas la computation

L’IA fonctionne par computation. Elle traite des données, détecte des motifs et optimise en fonction d’objectifs définis. La cognition humaine fonctionne autrement. Elle imagine, reformule, anticipe et attribue du sens dans des contextes d’incertitude.

Cette distinction est essentielle, car les organisations n’échouent pas uniquement par manque de données. Elles échouent lorsque leur manière de penser devient structurellement inadaptée à la nature des transformations auxquelles elles sont confrontées. L’IA renforce la reconnaissance de motifs. Elle ne renforce pas la capacité de donner du sens face à la discontinuité.

Lorsque les organisations confondent computation et cognition, elles commencent à externaliser la pensée au lieu de l’augmenter. Progressivement, PoweHR s’érode : la capacité humaine à questionner les hypothèses, à imaginer des alternatives et à reconnaître que le futur peut ne pas ressembler au passé s’affaiblit.

Le risque cognitif de l’adoption de l’IA

Le risque principal de l’IA n’est pas technique. Il est cognitif.

Les systèmes d’IA sont entraînés sur des données historiques. Chaque insight qu’ils produisent est ancré dans ce qui a déjà eu lieu. Cela les rend extrêmement performants pour l’optimisation en situation de continuité. Cela les rend également structurellement aveugles aux futurs qui ne prolongent pas les motifs existants.

À mesure que les organisations s’appuient davantage sur l’IA pour éclairer leurs décisions, elles intériorisent sa logique. L’attention se déplace vers ce qui est mesurable, fréquent et statistiquement renforcé. Ce qui ne correspond pas aux schémas établis est relégué au rang de bruit.

Avec le temps, cela transforme la manière de penser à l’intérieur même de l’organisation. L’imagination anticipatrice s’affaiblit. La pensée exploratoire semble difficile à justifier. La conversation stratégique se réduit à l’optimisation plutôt qu’à l’orientation.

PoweHR décline non pas parce que les humains disparaissent, mais parce que leur rôle cognitif se trouve progressivement restreint.

La littératie des futurs comme infrastructure cognitive

La Littératie des Futurs n’est pas un outil de prévision. C’est une capacité cognitive. Elle permet aux individus et aux organisations d’imaginer plusieurs futurs possibles et de les mobiliser pour éclairer les décisions présentes.

Du point de vue de PoweHR, la Littératie des Futurs agit comme une infrastructure cognitive. Elle préserve la capacité humaine à penser au-delà de l’extrapolation, à habiter l’incertitude sans chercher une fermeture prématurée, et à reconnaître que le futur n’est pas une destination unique mais un espace de possibilités.

Cette capacité est essentielle précisément parce que l’IA ne peut pas la fournir. L’IA peut modéliser des scénarios une fois les hypothèses définies. Elle ne peut pas générer de nouveaux cadres de possibilité. La Littératie des Futurs comble ce vide cognitif.

Les organisations qui développent cette capacité ne résistent pas à l’IA. Elles s’assurent que l’IA s’inscrit dans un système cognitif plus large, au lieu de devenir le système lui-même.

La cognition à travers le temps

La cognition organisationnelle opère toujours à travers le temps, consciemment ou non. Le présent est façonné par des interprétations du passé et par des anticipations du futur.

L’IA renforce puissamment la cognition rétrospective. Elle clarifie ce qui s’est produit et ce qui se produit. PoweHR doit préserver la cognition prospective : la capacité d’imaginer ce qui pourrait émerger, y compris des futurs qui remettent en cause les modèles existants.

Lorsque ces deux modes sont dissociés, l’organisation devient cognitivement déséquilibrée. Elle gagne en clarté sur le présent tout en perdant son orientation vers le futur. Les décisions stratégiques deviennent de plus en plus réactives, même lorsqu’elles s’appuient sur des analyses sophistiquées.

PoweHR est la capacité de maintenir ensemble ces temporalités sans réduire l’une à l’autre.

L’esprit oppositionnel comme capacité organisationnelle

Préserver PoweHR suppose ce que l’on peut appeler une posture cognitive oppositionnelle : la capacité de maintenir en tension productive la certitude issue de l’IA et l’incertitude portée par la cognition humaine.

Il ne s’agit pas d’un arbitrage entre intuition et données. Il s’agit de préserver la légitimité du non-savoir dans des environnements qui récompensent l’optimisation et la clôture. La cognition humaine contribue en questionnant, en reformulant et en imaginant la discontinuité. 

L’IA contribue en éclairant les contraintes et les probabilités. Lorsque l’organisation résout cette tension trop rapidement, elle perd en profondeur stratégique. Lorsqu’elle la maintient, elle gagne en résilience. Cette posture n’est pas innée. Elle doit être développée, entraînée et soutenue par des normes organisationnelles, des comportements de leadership et des structures d’apprentissage.

L’attention comme problème de conception cognitive

PoweHR n’est pas uniquement une capacité individuelle. Elle est façonnée par la manière dont l’attention est structurée dans l’organisation.

L’IA amplifie les signaux forts : tendances dominantes, comportements fréquents, motifs à grande échelle. Les signaux porteurs de futurs sont, par nature, faibles. Ils apparaissent en périphérie, dans les anomalies, dans des inconforts précoces encore non validés.

Lorsque l’attention organisationnelle est optimisée exclusivement pour l’efficacité et la performance mesurable, ces signaux disparaissent. La littératie des futurs exige une conception intentionnelle de l’attention, qui protège un espace pour la cognition exploratoire aux côtés de l’analyse.

Il ne s’agit pas d’inefficacité. Il s’agit de cognition stratégique.

PoweHR comme actif stratégique

La puissance cognitive humaine n’est pas une compétence douce. C’est un actif stratégique. Les organisations qui la laissent s’éroder au nom de l’efficacité peuvent exceller en période de stabilité et échouer brutalement en période de rupture.

PoweHR redéfinit la place des humains dans les organisations augmentées par l’IA. Les humains ne sont pas là pour rivaliser avec les machines en vitesse ou en précision. Ils sont là pour faire ce que les machines ne peuvent pas faire : imaginer des futurs sans précédent, interpréter le sens dans l’incertitude et décider de ce qui compte avant que l’optimisation ne commence.

Les organisations qui comprennent cela investiront délibérément dans les capacités cognitives, et pas uniquement dans les capacités technologiques. Elles traiteront la Littératie des Futurs comme une fondation, et non comme un supplément.

Le résultat n’est pas de meilleures prédictions, mais une meilleure orientation. Pas plus de certitude, mais une plus grande amplitude stratégique.

Dans un monde augmenté par l’IA, le pouvoir ne vient pas uniquement de la computation. Il vient de la préservation de la capacité humaine à penser.

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